Un peu d'histoire :

1982 : Une dizaine de syndicats indépendants (SNUI, SNJ, SNABF...) étonnés de l'endormissement revendicatif des grandes confédérations syndicales après l'élection de François Mitterrand le 10 mai 1981 se réunirent pour mettre évidence la nécessité d'un syndicalisme différent, indépendant, unitaire et revendicatif. Le "Groupe des Dix" était né, de manière informelle.

1988 : Naissance du premier syndicat SUD suite à un processus d'exclusions au sein de la fédération CFDT-PTT à l'automne 1988. La majorité des militants CFDT-PTT de la région parisienne décident de créer une nouvelle fédération aux PTT : SUD (Solidaires, Unitaires et Démocratiques). Face à la dérive droitière de la confédération CFDT, de nombreux syndicats, équipes syndicales ou simples adhérents suivent l'exemple de SUD-PTT dans d'autres branches d'activité... De nombreux syndicats SUD sont créés dans le secteur public comme dans le secteur privé. Le processus de départs collectifs de la CFDT s'accélèrera en 1995 suite au soutien de Nicole NOTAT au plan JUPPE. Les syndicats SUD conscients de l'importance de la dimension interprofessionnelle mais également de la nécessité d'une alternative syndicale en France rejoignent le "Groupe de dix" qui comptera rapidement plusieurs dizaines de syndicats nationaux et de fédérations

1998 : Premier congrès constitutif de SOLIDAIRES. Le cadre informel du "Groupe des Dix" donne naissance à une véritable union syndicale interprofessionnelle : l'Union syndicale G10- SOLIDAIRES est née (voir ci dessous la Résolution Générale constitutive). Elle regroupe tous les syndicats fondateurs du "groupes des dix" mais également les nouveaux syndicats SUD au travers de règles de fonctionnement originales concrétisant une conception innovante de la démocratie syndicale.

2001 : Deuxième congrès de l'Union syndicale G10-SOLIDAIRES (voir compte rendu)

Aujourd'hui : L'Union syndicale G10-SOLIDAIRES devient une véritable alternative syndicale interprofessionnelle. Principalement issue de syndicats du secteur public, elle s'étend de plus en plus dans le secteur privé commercial ou industriel malgré les nombreuses embuches posées par le gouvernement et certaines confédérations (contestation judiciaire systématique de la représentativité des syndicats de l'Union SOLIDAIRES). Les élections prud'homales 2002 ont marqué la percée de l'Union G10-SOLIDAIRES dans monde du travail de droit privé avec l'élection de nombreux conseillers prud'homaux. Au plan départemental, la création de G10-SOLIDAIRES locaux démultiplie nos pincipes fondateurs au plus près des salariés et du mouvement social. Ainsi l'Union syndicale interprofessionnelle G10-SOLIDAIRES AUVERGNE regroupent 14 syndicats et plus de 2000 adhérents.  En décembre 2003, nous avons à Clermont-Ferrand tenu notre dernier congrès local dont voici le résumé : Congrès G10-SOLIDAIRES Auvergne

 

 

 

    Résolution générale du 1er Congrès constitutif de l'Union syndicale G10 SOLIDAIRES

    - Janvier 1998 -

 

Les méfaits grandissants du libéralisme

Depuis des années la situation des travailleurs ne cesse de se dégrader. Les évolutions techniques et technologiques qui pourraient servir à améliorer le sort de l'humanité entière sont essentiellement utilisées pour renforcer le pouvoir des classes dominantes. Dans les entreprises, les gains de productivité sont un moyen d'exclure du travail de plus en plus d'hommes, de femmes, de jeunes pendant que celles et ceux qui restent au travail subissent des cadences renforcées et des contrôles hiérarchiques plus serrés. Les accélérations énormes dans la circulation des informations servent à renforcer le poids des marchés financiers et à mieux imposer un discours idéologique unique.

Depuis plus de 20 ans le chômage ne cesse de croître. Depuis plus de 20 ans les gouvernements successifs ont officiellement déclaré que la lutte contre le chômage était une priorité politique. Mais depuis plus de 20 ans toutes les mesures prises ont été inefficaces pour le retour au plein emploi. Elles ont par contre permis de renforcer dans les entreprises le pouvoir patronal et d'améliorer la rémunération du capital. Des personnes de plus en plus nombreuses sont précarisées dans leurs conditions d'emploi, dans leur rémunération, et dans leurs conditions de vie. La réduction du pouvoir d'achat des salariés, l'insuffisance scandaleuse des minima sociaux, la gestion des services publics, l'utilisation des fonds publics s'inscrivent dans la cohérence actuelle du libéralisme qui fragilise le plus grand nombre pendant qu'une minorité accapare les revenus, les richesses, les pouvoirs et les privilèges.

Rénover le syndicalisme

Les reculs sociaux constatés depuis trop d'années résultent d'un rapport de force particulièrement défavorable aux travailleurs. Les marchés financiers, et, derrière eux, les détenteurs de capitaux, ne se fixent aucune limite dans la concentration à leur profit des richesses et des pouvoirs. En face, les travailleurs et les forces syndicales se montrent relativement inefficaces pour s'opposer aux méfaits grandissants du libéralisme. Trop souvent les actions menées ne sont que défensives et sectorielles et ne parviennent pas à inverser réellement la logique libérale actuelle. Choisir de limiter ses interventions à un accompagnement des décisions patronales et des politiques libérales est souvent incompatible avec la satisfaction des revendications des travailleurs.

Les fédérations et syndicats de l'Union Syndicale - Groupe des Dix estiment que la crise du syndicalisme ne signifie pas qu'il n'y a plus nécessité de syndicalisme ; mais plutôt qu'il n'a pas encore su se donner majoritairement les objectifs, les moyens et les structures lui permettant d'être un outil efficace pour le progrès social face à la réalité du libéralisme aujourd'hui.

Les fédérations et syndicats de l'Union Syndicale - Groupe des Dix inscrivent leur démarche commune dans cet objectif de rénovation.

Ils estiment que ceci passe notamment par l'élaboration de revendications collectives unifiantes et solidaires, et par une structuration professionnelle et interprofessionnelle plus efficace pour le fonctionnement plus démocratique du syndicalisme. C'est essentiel pour penser pouvoir inverser le rapport de force.

Elaborer des priorités revendicatives communes

Pour les fédérations et syndicats de l'Union Syndicale - Groupe des Dix, c'est l'action pour le plein emploi et contre le chômage, la précarité qui doit être la priorité syndicale aujourd'hui. La réponse efficace passe essentiellement par une réduction importante, rapide et massive de la durée hebdomadaire de travail, allant bien au-delà du projet de loi gouvernemental, et une redistribution des richesses. Ceci implique notamment une réforme fiscale et sociale permettant le maintien des salaires, et l'affectation de fonds publics et sociaux permettant des créations d'emplois publics utiles, le renforcement de la protection sociale et l'augmentation et l'élargissement des minima sociaux. Dans le court terme, les mobilisations sur l'amélioration du pouvoir d'achat, l'augmentation forte et l'élargissement des minima sociaux, la réduction du temps de travail et les créations d'emplois seront notre priorité.

Construire un nouveau fédéralisme

Parallèlement, les fédérations et syndicats de l'Union Syndicale - Groupe des Dix sont décidés à poursuivre ensemble la mise en place de nouvelles relations interprofessionnelles permettant mieux l'expression des travailleurs en laissant notamment les structures syndicales membres de l'Union totalement maîtres de toutes leurs revendications et de toutes leurs actions, professionnelles et interprofessionnelles. Il est indispensable que le syndicalisme soit, de nouveau, un outil d'espoir et de lutte pour les salariés, les précaires, les chômeurs. Un syndicalisme de proximité, de proposition et d'action, est un élément déterminant pour construire un syndicalisme efficace d'adhérents et de militants, pour améliorer la situation au quotidien et pour participer à l'élaboration d'une autre logique économique et sociale mettant fin au libéralisme.

La démarche unitaire que nous préconisons et que nous pratiquons les uns et les autres dans nos secteurs sera utilement complétée par notre participation à tous les lieux de rencontres et de débats entre militants syndicaux et organisations syndicales et associations. La proposition renouvelée de la FSU d'organiser des rencontres syndicales est un nouvel élément utile pour faciliter, à terme, des convergences plus larges si toutes les forces syndicales qui s'opposent au libéralisme s'y joignent. Ce ne sont pas quelques contacts confidentiels entre appareils syndicaux qui peuvent être la base d'une rénovation du syndicalisme. Cela ne peut passer que par des débats ouverts, à tous les niveaux, partant des préoccupations et des revendications des travailleurs.

Elargir et renforcer notre Union en élargissant et en renforçant nos syndicats et nos fédérations

Nous estimons que le syndicalisme a toujours sa nécessité, mais que, tel qu'il est majoritairement organisé aujourd'hui, il ne nous paraît pas le meilleur outil. Nous pensons pouvoir être, avec d'autres, un élément du renouveau syndical et social. Nous devons donc avoir l'ambition de proposer notre conception du syndicalisme à un maximum de travailleurs. La dureté du patronat, la dictature des marchés financiers, la réalité toujours plus grande des revendications, et la faiblesse du taux de syndicalisation nous sont autant de raisons d'être volontaristes et déterminés.

Chacun dans nos secteurs, nous devons déjà développer la syndicalisation, favoriser l'action unitaire en pratiquant réellement, et au quotidien, la démarche et les valeurs que nous affichons collectivement.

Entre nous, à tous les niveaux, il nous faut poursuivre les rencontres, les discussions, pour mieux comprendre les revendications des uns et des autres et construire ensemble des convergences revendicatives permettant des actions communes.

Parallèlement, il nous faut travailler ensemble, à tous les niveaux également, pour que nos revendications interprofessionnelles les plus larges soient effectivement construites en commun.

Par des solidarités militantes, il nous faut accroître la présence de notre Union dans les entreprises, particulièrement dans toutes celles qui sont aujourd'hui un désert syndical.

Il nous faut ancrer notre Union dans les régions et faire vivre des solidarités interprofessionnelles réelles. Notre présence commune sur le terrain doit être une priorité.

En continuant, nationalement et dans les régions, à travailler "en réseau" avec des associations et des mouvements dont nous partageons les valeurs, nous contribuerons à construire un pôle social et syndical alternatif qui puisse être efficace contre le libéralisme dont les effets se concrétisent dans l'ensemble de la société. Nous continuerons donc de débattre et d'agir avec AC !, avec la Ligue des droits de l'homme, avec Ras l'Front, avec le Collectif national pour les droits des femmes, avec la Confédération paysanne, avec les chercheurs, les sociologues, les économistes et toutes les structures syndicales ou associatives qui se donnent les mêmes objectifs.

Il nous faudra, les uns et les autres, poursuivre et étendre les contacts européens et internationaux que nous pouvons déjà avoir pour les fédérer progressivement.

Il nous faudra nous battre pour notre représentativité, celle de chacune de nos organisations quand elle est contestée, et pour notre représentativité collective. Il y a nécessité de modifier les textes actuels pour que les réalités syndicales soient reconnues. Cette représentativité se gagnera plus rapidement par l'action sur le terrain comme sont en train de le faire les associations de chômeurs.

En continuant, entre nous et avec les autres, de mettre en avant plus ce qui rassemble que ce qui divise, en s'appuyant sur nos convergences pour agir, en débattant de nos différences, nous avons à construire ensemble un pôle syndical efficace pour les revendications, efficace pour rendre cette société plus juste, plus humaine, et plus solidaire en rompant avec les logiques libérales.

 

Notre dernier congrès local en décembre 2003 :

Congrès G10-SOLIDAIRES Auvergne